Sergey Makhno

Sergey Makhno
Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je suis architecte, mais aussi architecte d’intérieur, céramiste et passionné d’art. J’ai fondé le studio de design Sergey Makhno Architects et j’anime aussi une galerie dédiée au design, la Sergey Makhno Gallery.

Je voyage énormément et j’ai bien l’intention d’aller absolument partout dans le monde. Je suis partisan du minimalisme et adepte du mouvement philosophique et esthétique japonais wabi-sabi.

Je suis un grand collectionneur de céramiques : ma collection atteint déjà plus de 500 pièces. Parmi elles, des bols anciens issus de la culture Cucuteni-Trypillia : une culture néolithique des 4ème et 5ème millénaires avant notre ère, située dans les actuels pays d’Ukraine, de Moldavie et de Roumanie. Mais elle comprend aussi des céramiques zoomorphes ukrainiennes, des vases trouvés sur des marchés aux puces japonais…

Où travailles-tu ?

A l’atelier Sergey Makhno Architects, à mon avis l’épicentre du design et de l’architecture ukrainienne actuelle. Mètre après mètre, nous créons de nouveaux mondes : des mondes où des arbres poussent dans des intérieurs, avec des lampes aussi grandes que des humains, où les salles de bain sont des boîtes en verre transparentes dont les carreaux de céramique dessinent la forme d’un oiseau. Dans mon studio, nous pensons que nos réalisations sont faites pour étonner avant tout. Nous créons de l’art, un art qui donne du plaisir à voir mais aussi à vivre.

Qu’est-ce que cela signifie pour toi d’être un designer qui crée en Ukraine ?

La philosophie de mon studio se résume ainsi « We art the world ». Nous croyons vraiment que la beauté appelle la beauté. Et ceci indépendamment du lieu, que ce soit l’Ukraine, les USA ou Bali… Aujourd’hui nous avons réalisé plus de 500 projets dans 16 pays. Nous sommes persuadés que nous pouvons changer le monde en partageant notre vision de la culture ukrainienne, de la beauté, ou encore notre philosophie.

Quel est ton projet préféré jusqu’ici ?

Je dirais que c’est le restaurant Yoshi Fujiwara à Kiev, le plus important restaurant japonais d’Ukraine et l’un des plus grands d’Europe de l’Est. C’est vraiment une réalisation qui me tient à cœur. Nous y avons consacré beaucoup de temps et l’inspiration est bien sûr très japonaise. Même si je suis très fier d’un détail : les céramiques ukrainiennes qui le décorent, et qui donnent immédiatement au visiteur l’impression qu’il est en fait déjà chez lui.

Où trouves-tu l’inspiration ?

Auprès de ma famille : ma femme Vlada, mon petit garçon Tadao et son grand frère Hikaru, mon aîné Ivan qui vient d’entrer en école d’art à Rome cette année… Chaque moment passé avec eux est plus précieux que tout, je n’aurais jamais pu imaginer qu’un tel sentiment existe. C’est en carburant à ce sentiment sublime que je peux vivre et créer.

Nous sommes ici dans ton atelier, quels sont les trois objets qui te tiennent le plus à cœur ?

J’ai chez moi un vase « Zernovyk » de la culture Cucuteni-Trypillia, un large vase en céramique qui me rappelle ma grand-mère. C’est à la fois un souvenir de mes ancêtres et un exemple merveilleux de l’art de la céramique de mon pays.

La sculpture « Rain » de l’artiste ukrainien Nazar Bilyk qui se trouve ici dans nos bureaux. Elle symbolise la connexion entre les hommes et la nature, une connexion sacrée, indépassable qui dictera toujours la loi du monde. C’est une large goutte d’eau qui s’étale sur le visage d’un humain en bronze, un symbole du dialogue calme et profond qu’entretiennent l’humanité et l’environnement. Un dialogue qui doit continuer d’avoir lieu au plus vite. Au moins il existe déjà sous la forme de cette œuvre.

J’ai aussi au bureau une tasse en céramique de l’artiste ukrainien Serhiy Radko. Elle a été faite selon une technique bien spécifique de raku et c’est la tasse que je préfère utiliser quand je bois un thé japonais. J’apprécie beaucoup les œuvres de nombreux artistes de mes amis : selon moi leur travail est une vraie lumière dans le paysage de l’art contemporain ukrainien.

As-tu récemment craqué pour de l’art ukrainien au sens large ? Cela peut être du domaine du cinéma, de la musique, de l’art, de la littérature, ou encore un lieu…

En passionné d’art, je n’arrête pas de craquer pour ces œuvres, j’ai d’ailleurs une vaste collection d’art contemporain ukrainien qui le prouve ! Le céramiste Serhiy Radko est un vieil ami et une constante source d’inspiration. Dès que j’ai un jour de libre en Ukraine je vais dans son atelier et je me laisse inspirer.

Peux-tu décrire l’Ukraine de tes rêves ?

Je dirais qu’elle est peuplée de gens pleins de bonté, d’amour les uns pour les autres, mais aussi pour l’art, envers les choses qui comptent vraiment. Des villes vertes et propres avec de bonnes infrastructures et une architecture incroyable. Des immeubles au design fantastique, où des gens heureux vivent et travaillent. Et mon grand rêve personnel : le Moma Ukrainien, un musée consacré à l’art moderne au cœur de mon monde, là où mon cœur appartient : l’Ukraine.